La France découpe son territoire en trois zones de potentiel radon, définies commune par commune. Environ 12,2 millions de personnes vivent en zone 3, la plus exposée, réparties dans 72 départements. Mais connaître la zone de sa commune ne dit rien de la concentration réelle dans un logement précis : seule une mesure chez soi, avec un détecteur, donne cette réponse, et le niveau de référence national reste fixé à 300 Bq/m3.
En bref:
- La majorité des communes en zone 3 se situent dans des massifs granitiques comme le Massif central, la Bretagne ou les Vosges, mais des disparités internes subsistent.
- Une mesure sur place, avec au moins deux détecteurs placés pendant deux mois, reste indispensable pour connaître le vrai niveau de radon dans un logement.
- Un seuil de 300 Bq/m3 est recommandé en France, mais des actions correctives sont nécessaires dès que ce niveau est dépassé, surtout au-delà de 1 000 Bq/m3.
- Il est conseillé de consulter la carte officielle pour connaître la classification de sa commune et croiser cette information avec des données locales.
- Un dépassement du seuil ne nécessite pas d’urgence extrême, mais implique d’aérer régulièrement, d’identifier d’éventuelles voies d’entrée et de faire appel à un professionnel pour des mesures et des travaux adaptés.
Table des matières
- Comment est défini le zonage radon en France ?
- Où se trouvent les zones 3 en France ?
- Comment mesurer le radon correctement chez soi ?
- Quels sont les seuils de radon à connaître ?
- Où consulter la carte officielle de sa commune ?
- Que faire en cas de dépassement du seuil de radon ?
- Pourquoi mesurer maintenant plutôt que d’attendre ?
- Faire mesurer le radon par un diagnostiqueur certifié Diag
- Sources
Comment est défini le zonage radon en France ?
Le zonage actuel repose sur l’arrêté du 27 juin 2018, qui a remplacé l’ancienne cartographie départementale par une classification commune par commune. Le texte s’appuie sur les travaux géologiques de l’IRSN, croisant les teneurs en uranium des sols, la présence de failles, de cavités naturelles ou minières, et la nature des roches sous-jacentes. Trois catégories en découlent :
- Zone 1 : potentiel radon faible, sols généralement peu émissifs.
- Zone 2 : potentiel faible mais avec des facteurs géologiques particuliers pouvant localement augmenter les transferts de gaz.
- Zone 3 : potentiel significatif, communes situées sur des formations géologiques reconnues comme uranifères.
Ce classement sert avant tout d’outil de priorisation pour les pouvoirs publics et les professionnels du bâtiment, pas de diagnostic individuel d’un logement.
Où se trouvent les zones 3 en France ?
Les communes classées en zone 3 se concentrent sur des massifs granitiques et cristallins anciens, là où l’uranium naturel est le plus abondant dans la roche mère. Le Massif central arrive en tête, suivi du massif Armoricain en Bretagne, des Vosges et de la Corse. On retrouve aussi des poches plus ponctuelles sur certains grès et schistes ailleurs sur le territoire.
- Massif central : Puy-de-Dôme, Cantal, Haute-Loire, Corrèze notamment.
- Massif armoricain : une large partie de la Bretagne et de la Normandie occidentale.
- Vosges et Corse : reliefs granitiques avec un potentiel élevé et homogène.
Un point mérite d’être précisé : le classement communal masque parfois de fortes disparités internes. Une maison bâtie directement sur une faille ou sur d’anciens remblais miniers peut afficher des concentrations élevées même dans une commune globalement classée en zone 1. Le zonage donne une tendance régionale, pas une garantie parcelle par parcelle.
Comment mesurer le radon correctement chez soi ?
Le zonage oriente, mais seule une mesure dans le logement prouve l’exposition réelle. Des études françaises menées par l’OQAI montrent d’ailleurs que le matériau de construction, l’étage habité et le mode de chauffage font varier sensiblement la concentration intérieure, indépendamment de la zone. Une maison individuelle en zone 2 peut ainsi afficher des niveaux plus élevés qu’un appartement en zone 3.
Pour obtenir une mesure fiable, la méthode reste simple :
- Utilisez au moins deux détecteurs, placés dans les pièces basses occupées, typiquement le séjour et une chambre.
- Laissez les détecteurs en place pendant au moins deux mois, idéalement pendant la période de chauffe (de mi-septembre à fin avril), quand le logement est le plus fermé.
- Évitez de poser les détecteurs près d’une fenêtre, d’une porte ou d’une source de ventilation directe, ce qui fausserait la lecture.
- Augmentez le nombre de détecteurs si la surface habitable dépasse une centaine de mètres carrés ou si le logement compte plusieurs niveaux occupés.
- Renouvelez la mesure après des travaux d’étanchéité ou après une intervention de mitigation, pour vérifier que la baisse attendue est bien au rendez-vous.
Conseil de pro : Ne mesurez jamais en plein été avec les fenêtres grandes ouvertes : la ventilation naturelle dilue le radon et vous donnera une fausse impression de sécurité.
Quels sont les seuils de radon à connaître ?
La France retient un niveau de référence de 300 Bq/m3 en moyenne annuelle pour les bâtiments d’habitation. L’Organisation mondiale de la santé va plus loin et recommande un seuil de vigilance à 100 Bq/m3, considéré comme un objectif de santé publique plutôt qu’une limite réglementaire stricte.
Repère chiffré : sous 300 Bq/m3, des gestes simples suffisent généralement. Au-delà de ce seuil, des actions correctives s’imposent. Pour les lieux de travail, un dépassement de 1 000 Bq/m3 déclenche une obligation d’action rapide selon l’INRS.
- Moins de 300 Bq/m3 : aération régulière, surveillance ponctuelle.
- Entre 300 et 1 000 Bq/m3 : diagnostic technique et travaux correctifs recommandés.
- Au delà de 1 000 Bq/m3 : intervention urgente, en particulier dans les locaux professionnels.
Où consulter la carte officielle de sa commune ?
La carte interactive publiée sur Géorisques permet de saisir le nom d’une commune et d’obtenir immédiatement sa classification. Le jeu de données « Zonage en potentiel radon » sur data.gouv.fr offre la même information sous forme de table exploitable, utile pour comparer plusieurs communes d’un coup.
- Repérez la couleur ou la hachure associée à votre commune sur la carte Géorisques.
- Croisez avec les informations locales sur d’anciennes mines ou failles connues, parfois mentionnées dans les documents d’urbanisme.
- Cherchez si des mesures antérieures existent déjà pour votre secteur, notamment auprès de la mairie ou d’un diagnostiqueur local.
Ce même principe de zonage réglementaire s’applique à d’autres risques naturels, comme le montre la cartographie des zones sismiques françaises, établie selon une logique comparable.
Que faire en cas de dépassement du seuil de radon ?
Un résultat au dessus de 300 Bq/m3 ne signifie pas qu’il faut paniquer, mais qu’il faut agir avec méthode. La progression recommandée suit une logique simple, du geste gratuit à l’intervention technique.
- Commencez par aérer quotidiennement le logement, notamment les pièces basses, et vérifiez que la ventilation mécanique fonctionne correctement.
- Si le dépassement persiste, envisagez des solutions techniques ciblées : amélioration de l’étanchéité entre le sol et le bâtiment, dépressurisation du vide sanitaire ou du sous-sol, colmatage des fissures et points d’entrée, voire pose d’une membrane anti-radon lors de travaux plus lourds.
- Faites appel à un diagnostiqueur ou à un professionnel du bâtiment qualifié pour identifier précisément les voies d’entrée du gaz et chiffrer les travaux nécessaires. Ce type d’accompagnement rejoint d’ailleurs les logiques de prévention avant travaux et démolition appliquées à d’autres risques du bâtiment.
- Relancez une campagne de mesure après travaux, sur la même durée que la première, pour confirmer que le niveau est redescendu durablement.
Conseil de pro : Un dépressuriseur de vide sanitaire mal réglé peut aggraver la situation en aspirant davantage de gaz du sol. Faites toujours vérifier l’installation après la pose.
Des solutions similaires de gestion rapide de la qualité de l’air intérieur, comme les protocoles de prévention des moisissures utilisés au Québec, rappellent que ventilation et étanchéité restent les deux leviers centraux, quel que soit le pays.
Pourquoi mesurer maintenant plutôt que d’attendre ?
Le zonage indique une tendance géologique, jamais une certitude individuelle. La seule preuve d’exposition reste la mesure dans le logement lui même, sur la durée recommandée. Un diagnostiqueur certifié apporte un rapport conforme, des recommandations adaptées à la configuration du bâtiment et une traçabilité utile en cas de vente, de location, ou si le foyer compte des personnes vulnérables face à une exposition prolongée. Faire appel à un professionnel devient particulièrement pertinent dès qu’un dépassement significatif est constaté ou qu’une transaction immobilière approche.
— DIAG.EXPERT
Faire mesurer le radon par un diagnostiqueur certifié Diag
Des diagnostiqueurs certifiés interviennent partout en France pour mesurer le radon et remettre un rapport exploitable. Contrairement à l’automesure seule, un diagnostic professionnel identifie les voies d’entrée du gaz propres à votre bâtiment et recommande des travaux réellement adaptés à votre configuration, pas une solution générique. C’est particulièrement utile avant une vente, une location, ou après des travaux d’étanchéité dont vous voulez vérifier l’efficacité. Le service inclut la prise de rendez-vous et le suivi post-travaux, avec un réseau d’agences locales permettant une intervention rapide, y compris dans des zones à potentiel radon élevé. Pour obtenir un chiffrage précis adapté à votre logement, demandez votre devis gratuit dès maintenant.

Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin qualifié. Consultez un professionnel de santé qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.