Non, la location d’un logement classé F reste autorisée aujourd’hui, mais elle ne le sera plus longtemps : la loi Climat et Résilience fixe son interdiction en métropole au 1ᵉʳ janvier 2028. D’ici là, un bail signé pour un F reste valable, mais vous ne pouvez plus augmenter le loyer depuis une date passée en 2022. Concrètement, si vous comptez relouer ou renouveler un bail après cette date sans avoir amélioré le logement, vous vous exposez à une remise en location impossible.
En bref:
- La location d’un logement classé F sera interdite en métropole à partir du 1ᵉʳ janvier 2028, mais le bail en cours reste valable jusqu’à son terme.
- Louer ou renouveler un bail après 2022 sans avoir amélioré la performance énergétique exposera à une impossibilité de remise en location.
- La performance énergétique d’un logement F ou G entraîne des restrictions sur l’augmentation des loyers depuis le 24 août 2022, avec des sanctions financières possibles.
- La mise à jour et la conformité du diagnostic de performance énergétique (DPE) sont indispensables avant toute mise en location ou renouvellement de bail.
- Les travaux prioritaires pour sortir un logement F de cette classe concernent surtout l’isolation, le chauffage, le double vitrage et la ventilation, avec plusieurs aides financières disponibles.
Table des matières
- Louer un logement classé DPE F : que dit précisément la réglementation ?
- Que risquez-vous si vous louez un DPE F après l’échéance ?
- Quels documents fournir avant de mettre un F en location ?
- Le calendrier d’interdiction change-t-il selon votre région ?
- Quels travaux permettent de sortir un logement de la classe F ?
- Comment organiser concrètement votre plan de mise en conformité ?
- Pourquoi un diagnostic rapide change la donne pour les bailleurs
- Ce que les bailleurs sous-estiment le plus sur l’échéance 2028
- Besoin d’un DPE fiable avant de prendre une décision sur votre F ?
- Sources
- Questions fréquentes
Louer un logement classé DPE F : que dit précisément la réglementation ?
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) n’est plus un simple document informatif depuis 2021 : il est devenu opposable, ce qui signifie qu’un locataire peut s’appuyer sur lui pour contester la décence d’un logement. C’est ce basculement juridique, porté par la loi Climat et Résilience, qui a transformé le DPE en critère d’interdiction de location.
Le texte s’appuie sur plusieurs piliers juridiques précis :
- L’article L.173-2 du Code de la construction et de l’habitation fixe les seuils de performance énergétique qui définissent un logement décent.
- L’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 intègre désormais la performance énergétique dans la définition légale de la décence d’un logement.
- Le décret 2023-796 précise les modalités d’application de ce critère pour les bailleurs.
- Un DPE valide doit obligatoirement être annexé au contrat de bail, comme le rappellent les notaires de France.
- Chaque DPE réalisé est transmis à l’observatoire national tenu par l’ADEME, ce qui alimente les statistiques publiques sur le parc locatif.
Cette architecture légale ne vise pas à sanctionner brutalement les propriétaires. Elle donne une trajectoire, avec des jalons connus depuis plusieurs années, pour que les bailleurs puissent anticiper plutôt que subir.
Que risquez-vous si vous louez un DPE F après l’échéance ?
Les sanctions ne se limitent pas à une simple amende administrative. Le Service-public rappelle que l’absence ou l’inexactitude des informations obligatoires dans une annonce ou un bail expose le bailleur à des amendes pouvant atteindre 3 000 € pour un particulier.
Le vrai risque financier vient d’ailleurs : le gel des loyers. Depuis le 24 août 2022, toute augmentation de loyer est interdite pour les logements classés F ou G, que ce soit à la signature d’un nouveau bail, lors d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite, précise le ministère de la Transition écologique.
Un locataire qui s’estime lésé peut aussi agir :
- Saisine de la commission départementale de conciliation, puis du juge des contentieux de la protection en l’absence d’accord.
- Le juge peut imposer des travaux, réduire ou suspendre le loyer, voire prononcer la résiliation du bail.
- À terme, un logement F devient invendable en location, ce qui génère une vacance locative pure et simple.
Quels documents fournir avant de mettre un F en location ?
Avant toute mise en location, trois vérifications s’imposent.
- Un DPE à jour et non vierge. S’il a été réalisé avant juillet 2021, il est obsolète : la nouvelle méthode de calcul rend l’ancien document caduc, même s’il paraît encore dans sa période de validité de 10 ans.
- Les mentions obligatoires dans l’annonce et le bail. La classe énergétique, l’estimation des dépenses annuelles et, pour les F et G, la mention légale « logement à consommation énergétique excessive » doivent apparaître clairement.
- La gestion des baux en cours. Un bail signé avant l’interdiction reste valable jusqu’à son terme, mais vous ne pourrez ni le renouveler ni le reconduire tacitement sans avoir fait sortir le logement de la classe F.
Ce dernier point est souvent mal anticipé : beaucoup de propriétaires découvrent la contrainte au moment du renouvellement, quand il est déjà trop tard pour lancer des travaux dans de bonnes conditions.
Le calendrier d’interdiction change-t-il selon votre région ?
Le calendrier national est désormais bien connu : les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, les F le seront à partir du 1ᵉʳ janvier 2028, et les E à partir du 1ᵉʳ janvier 2034, selon les données du ministère de la Transition écologique.
- Les collectivités d’outre-mer suivent un échéancier décalé : la classe G y devient interdite en janvier 2028, la classe F en janvier 2031, d’après Service-public.fr.
- Ce décalage tient compte des spécificités climatiques et du parc immobilier local, mais il ne dispense d’aucune vérification.
- Si votre bien se situe dans un territoire d’outre-mer, vérifiez la date exacte applicable à votre collectivité avant de planifier vos travaux.
Un bailleur qui possèd’un bien en métropole et un autre à La Réunion, par exemple, ne travaille donc pas sur le même calendrier.
Quels travaux permettent de sortir un logement de la classe F ?
Passer d’un F à un E ou mieux exige rarement un seul chantier miracle. Les postes qui pèsent le plus sur l’étiquette énergétique restent l’isolation de la toiture et des murs, le remplacement du système de chauffage, le double vitrage et une ventilation efficace.
Plusieurs aides peuvent réduire la facture pour un bailleur :
- MaPrimeRénov’, accessible sous conditions aux propriétaires bailleurs, comme le détaille France Rénov’.
- Les certificats d’économies d’énergie (CEE), versés par les fournisseurs d’énergie en contrepartie de travaux d’efficacité énergétique.
- L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), qui finance sans intérêts une partie des travaux de rénovation.
Conseil de pro : Ne lancez jamais de travaux au hasard sur un F. Un audit énergétique identifie souvent qu’une isolation ciblée combinée à un changement de chaudière fait basculer un logement en classe E plus efficacement que cinq petites interventions dispersées.
Si votre projet touche à la structure du bâtiment ou modifie son aspect extérieur, renseignez-vous aussi sur les autorisations d’urbanisme qui peuvent s’appliquer selon la nature des travaux.
Comment organiser concrètement votre plan de mise en conformité ?
Un F qui doit sortir du marché locatif en 2028 se traite comme un projet, pas comme une urgence de dernière minute.
- Vérifiez l’ancienneté de votre DPE et sa conformité à la méthode post-2021.
- Demandez un audit énergétique si le diagnostic révèle plusieurs postes de déperdition.
- Montez le dossier de financement (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ) avant d’engager les artisans.
- Planifiez les travaux prioritaires en fonction du calendrier du bail en cours.
- Faites réaliser un nouveau DPE une fois les travaux terminés pour officialiser le changement de classe.
| Étape | Délai indicatif |
|---|---|
| DPE ou audit énergétique | 1 à 4 semaines |
| Travaux légers (isolation partielle, ventilation) | 1 à 3 mois |
| Travaux lourds (chauffage, isolation globale) | 3 mois |
Faites intervenir un diagnostiqueur certifié à deux moments clés : avant les travaux pour établir le point de départ, et après pour constater officiellement le gain de classe. Conservez chaque certificat : ils serviront de justificatifs en cas de contrôle ou de contestation locative.
Pourquoi un diagnostic rapide change la donne pour les bailleurs
Un DPE F mal documenté ou périmé aggrave votre exposition juridique bien plus qu’un DPE F correctement établi et daté. La différence tient souvent à la rapidité d’intervention.
- Un diagnostic certifié réalisé rapidement vous évite de découvrir un problème d’étiquette énergétique au moment critique du renouvellement de bail.
- Un rapport remis en 24 heures permet de monter un dossier d’aides sans perdre de mois précieux avant l’échéance de 2028.
- La proximité géographique d’un diagnostiqueur facilite les allers-retours nécessaires entre le DPE initial et le DPE post-travaux.
Sur ce type de dossier, le facteur temps compte autant que la conformité technique elle-même.
Ce que les bailleurs sous-estiment le plus sur l’échéance 2028
La plupart des propriétaires que j’observe traiter cette réforme la voient comme une contrainte lointaine, calée sur 2028. C’est une erreur de calendrier. Le vrai couperet arrive dès le prochain renouvellement de bail, qui peut tomber en 2026 ou 2027 selon la date de signature initiale. Attendre la date légale ultime revient à s’interdire toute marge de manœuvre pour financer et planifier des travaux sereinement.

L’autre angle mort concerne le gel des loyers. Beaucoup de bailleurs pensent encore que l’interdiction de louer est le seul enjeu, alors que le blocage du loyer depuis 2022 grignote déjà la rentabilité, bien avant l’échéance de 2028. Un bien F loué sans révision de loyer pendant six ans perd un rendement que peu de propriétaires chiffrent correctement.
Ma conviction, après avoir suivi l’évolution de cette réglementation : la meilleure stratégie n’est pas de foncer sur les travaux les plus visibles, mais de commencer par un diagnostic fiable qui révèle où se situe réellement le problème énergétique. Un audit mal ciblé coûte souvent plus cher qu’un chantier bien priorisé.
— DIAG.EXPERT
Besoin d’un DPE fiable avant de prendre une décision sur votre F ?
Contrairement à un audit générique qui vous laisse deviner par où commencer, un diagnostic DPE réalisé par un professionnel certifié vous donne une base chiffrée pour prioriser vos travaux et sécuriser votre calendrier locatif. Le service de diagnostic intervient localement avec des rapports remis rapidement, ce qui vous évite d’attendre des semaines avant de pouvoir monter votre dossier MaPrimeRénov’ ou éco-PTZ.

Que vous ayez besoin d’un premier diagnostic DPE pour situer précisément votre logement, ou d’un accompagnement complet incluant l’audit énergétique préalable aux travaux, la démarche démarre par une simple demande de devis gratuit. Plus vous anticipez avant 2028, plus vous gardez la main sur le choix des travaux et sur le financement.
Sources
Questions fréquentes
Quelles sont les conséquences d’un DPE F pour un logement ?
Un DPE F déclenche dès aujourd’hui le gel des loyers et, à partir du 1ᵉʳ janvier 2028, l’interdiction pure et simple de le mettre en location en métropole.
Peut-on augmenter le loyer d’un logement classé F ?
Non. Depuis le 24 août 2022, toute augmentation de loyer est interdite pour les logements classés F ou G, y compris lors d’un renouvellement de bail.
Peut-on encore louer un logement avec un mauvais DPE aujourd’hui ?
Un logement classé F peut encore être loué jusqu’à la fin de l’année 2027, mais un DPE classé G n’est déjà plus louable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025.
Quelle classe DPE ne peut plus être mise en location ?
Depuis janvier 2025, seule la classe G est interdite à la location en métropole. Les classes F et E suivront respectivement en 2028 et en 2034.
Un bail signé avant l’interdiction reste-t-il valable ?
Oui, un bail en cours reste valable jusqu’à son terme, mais il ne pourra pas être renouvelé ou reconduit tacitement si le logement reste classé F après l’échéance légale.