La surface habitable à indiquer dans un bail est celle définie par l’article R156-1 du Code de la construction et de l’habitation : seule la partie du plancher dont la hauteur atteint au moins 1,80 mètre compte, hors caves, garages, terrasses et vérandas. Un écart de plus de 5 % avec la surface réelle expose le bailleur à une réduction de loyer.
En bref:
- Un écart de plus de 5 % entre la surface réelle et celle indiquée dans le bail peut entraîner une réduction de loyer pour le propriétaire.
- Seules les pièces dont la hauteur sous plafond atteint au moins 1,80 mètre sont comptabilisées dans la surface habitable loi Boutin, hors caves, garages, terrasses et vérandas.
- La méthode de mesure doit se faire pièce par pièce, en excluant murs, cloisons, gaines, et en ne comptant que les zones avec un plafond de 1,80 mètre ou plus.
- Faire appel à un diagnostiqueur certifié garantit une mesure fiable, face aux risques juridiques et financiers liés à une erreur de surface.
- Une erreur supérieure à 5 % dans la surface mentionnée peut permettre au locataire de demander une baisse de loyer ou une révision du bail.
Table des matières
- Le cadre légal du calcul de la surface loi Boutin
- Quelles pièces compter et lesquelles écarter ?
- Comment mesurer et calculer la surface pas à pas ?
- Pourquoi la surface Carrez ne remplace jamais la surface Boutin
- Que se passe-t-il en cas d’erreur sur la surface indiquée ?
- Faut-il mesurer soi-même ou passer par un diagnostiqueur ?
- Ce que les bailleurs sous-estiment sur le mesurage Boutin
- Sécurisez votre bail avec un mesurage professionnel
- Sources
Le cadre légal du calcul de la surface loi Boutin
Le texte de référence, c’est l’article R156-1 du Code de la construction et de l’habitation, qui définit la surface habitable comme la surface de plancher construite, après déduction des murs, cloisons, marches, cages d’escalier, gaines et embrasures de portes et fenêtres. Cette définition s’applique aux logements loués vides, destinés à la résidence principale du locataire. Elle ne concerne pas les meublés touristiques ni les locations saisonnières.
Depuis 2017, mentionner cette surface n’est plus optionnel : elle doit figurer à la fois dans le bail et dans l’annonce de location, quel que soit le support de diffusion. Un bailleur qui omet cette mention, ou qui l’indique de façon approximative, s’expose à un contentieux, même en l’absence de mauvaise foi.
Ce que la loi exclut d’emblée du calcul :
- les parties de logement dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 mètre ;
- les caves, sous-sols et remises ;
- les garages, terrasses, balcons, loggias et vérandas ;
- les combles non aménagés.
Retenez cette règle simple : si un espace ne se vit pas debout ou n’est pas chauffé, il a de fortes chances d’être exclu.
Quelles pièces compter et lesquelles écarter ?
Le principe est direct : toute pièce de vie, à condition qu’elle respecte la hauteur minimale, entre dans le calcul. Chambres, séjour, cuisine, salle de bains, WC et couloirs de circulation comptent intégralement, dès lors que le plafond atteint 1,80 mètre sur toute la zone mesurée.
À l’inverse, certains espaces restent systématiquement hors du calcul, quelle que soit leur surface au sol :
- caves, sous-sols non aménagés en pièce de vie ;
- garages et places de stationnement couvertes ;
- terrasses, balcons, loggias et vérandas non chauffées ;
- combles non aménagés, même accessibles par un escalier fixe.
La question qui revient le plus souvent concerne les combles et sous-pentes : dans une chambre mansardée, seule la portion du sol où l’on peut se tenir debout, à 1,80 mètre ou plus, entre dans le calcul. Le reste de la pièce, même s’il sert de rangement, disparaît du chiffre final. Cette règle s’applique aussi aux mezzanines partiellement en pente.
Conseil de pro : dans un logement avec combles aménagés, tracez d’abord au sol la ligne des 1,80 mètre avec un mètre laser avant de mesurer quoi que ce soit. Vous éviterez de recompter deux fois la même zone ou d’inclure une portion qui ne compte pas.
Comment mesurer et calculer la surface pas à pas ?
La méthode recommandée reste simple sur le papier, mais demande de la rigueur sur le terrain. Voici la marche à suivre, telle que détaillée dans les textes officiels :
- Mesurez chaque pièce séparément, longueur multipliée par largeur, en ne prenant en compte que les zones où la hauteur atteint 1,80 mètre.
- Déduisez l’emprise des éléments fixes : murs porteurs, cloisons, gaines techniques, embrasures de portes et fenêtres, cages d’escalier.
- Décomposez les pièces irrégulières en plusieurs formes géométriques simples (rectangles, triangles) que vous additionnez ou soustrayez selon le cas.
- Additionnez les surfaces utiles de toutes les pièces retenues pour obtenir le total du logement.
- Arrondissez au dixième de mètre carré, la précision attendue par les textes.
Prenons un exemple concret. Un appartement de trois pièces mesure, en surface brute plancher : séjour 22,4 m², chambre 1 : 12,1 m², chambre 2 : 9,8 m², cuisine 8,3 m², salle de bains 4,2 m², dégagement 3,1 m². Total brut : 59,9 m². Après déduction de l’emprise des cloisons et gaines (environ 2,8 m² dans ce cas), la surface habitable loi Boutin s’établit à 57,1 m².
Si le bail indiquait une surface supérieure d’un faible pourcentage, l’écart serait juste sous le seuil de tolérance légal. Un écart de 3 m² sur un petit logement peut faire basculer le dossier au delà du seuil critique, d’où l’intérêt de vérifier le calcul avant signature plutôt qu’après une réclamation.
Un mètre laser, un plan coté du logement et une calculatrice suffisent pour un logement simple. Pour un plan complexe avec plusieurs sous-pentes, une application de mesurage dédiée limite les erreurs d’arrondi cumulées.
Pourquoi la surface Carrez ne remplace jamais la surface Boutin
C’est l’erreur la plus fréquente chez les propriétaires qui ont déjà vendu ou fait mesurer un bien : recopier la surface Carrez d’un ancien acte de vente dans un nouveau bail de location. Les deux mesures répondent à des logiques différentes, même si la méthode de calcul se ressemble sur le papier.
- La loi Carrez s’applique uniquement à la vente de biens en copropriété, jamais à la location.
- La loi Boutin s’applique à la location vide en résidence principale, copropriété ou non.
- Certains éléments comptés en Carrez (mezzanines, certaines sous-pentes selon la configuration) peuvent différer du périmètre Boutin.
- La surface Carrez ignore la règle des 1,80 mètre appliquée de façon identique dans les deux textes, mais les exclusions annexes ne sont pas toujours superposables.
Réutiliser le chiffre Carrez dans un bail, sans nouveau mesurage, revient à prendre un risque juridique gratuit.
Que se passe-t-il en cas d’erreur sur la surface indiquée ?
La règle est fixée par l’article 3-1 de la loi du 6 juillet 1989 : si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle mentionnée dans le bail, le locataire peut exiger une diminution de loyer proportionnelle à l’écart constaté.
- Le locataire dispose d’un délai pour contester, généralement dans les mois suivant la découverte de l’écart.
- La procédure débute par une mise en demeure amiable adressée au bailleur.
- En l’absence d’accord, le dossier peut être porté devant le juge des contentieux de la protection.
- Toute rénovation qui modifie la configuration (cloison ajoutée, comble aménagé) rend l’ancien mesurage obsolète et impose de refaire le calcul avant la relocation.
Un écart sous les 5 % ne donne aucun droit à réduction de loyer, mais reste un motif de tension avec le locataire si le chiffre paraît manifestement optimiste par rapport au bien réel.
Faut-il mesurer soi-même ou passer par un diagnostiqueur ?
Rien n’interdit à un propriétaire de mesurer lui-même son logement. Mais la responsabilité de l’exactitude du chiffre lui reste alors entièrement attribuée. En cas de litige, c’est au bailleur de prouver que sa mesure était correcte, sans filet.
Faire appel à un diagnostiqueur certifié change la donne sur ce point précis : le professionnel engage sa responsabilité civile professionnelle et remet une attestation de mesurage qui fait foi en cas de contestation. Cette transparence protège autant le locataire que le bailleur, puisqu’elle réduit fortement les motifs de recours ultérieurs.
Avant de choisir un prestataire, vérifiez ces points :
- la certification effective du diagnostiqueur pour le type de mesurage demandé ;
- le délai de restitution du rapport, idéalement sous 24 à 48 heures ;
- un prix indicatif clair, sans frais cachés annoncés après intervention ;
- la possibilité d’obtenir un devis en ligne pour un mesurage Carrez ou Boutin avant de s’engager.
Conseil de pro : conservez l’attestation de mesurage avec le reste du dossier remis au locataire, au même titre que les diagnostics obligatoires exigés lors de la mise en location. Un dossier complet limite drastiquement les contestations a posteriori.
Ce que les bailleurs sous-estiment sur le mesurage Boutin
La plupart des propriétaires traitent le calcul de la surface Boutin comme une formalité administrative parmi d’autres. C’est une erreur de perspective. Le vrai enjeu n’est pas de remplir une case du bail, c’est de sécuriser juridiquement toute la relation locative pour les années à venir.

L’idée reçue la plus répandue reste que la loi Carrez et la loi Boutin sont interchangeables parce qu’elles se calculent « à peu près pareil ». Cette confusion coûte cher : un écart de quelques mètres carrés entre les deux mesures, découvert par un locataire tatillon deux ans après la signature, peut déclencher une procédure de réduction de loyer rétroactive.
La vraie priorité n’est pas de gagner du temps sur le mesurage, mais d’obtenir un chiffre qui résiste à un contrôle. Avant de rédiger un bail, vérifiez le chiffre deux fois plutôt qu’une, ou faites-le vérifier par quelqu’un dont c’est le métier.
— DIAG.EXPERT
Sécurisez votre bail avec un mesurage professionnel
Un mesurage fait maison expose à un risque que peu de bailleurs mesurent vraiment : celui de devoir rembourser du loyer plusieurs mois après la signature, faute d’une attestation opposable. Des prestataires interviennent pour réaliser le mesurage loi Boutin (et loi Carrez lorsque nécessaire) avec un rapport remis rapidement, appuyé sur une responsabilité professionnelle qui protège le bailleur en cas de contestation.
Ce service s’adresse aux propriétaires qui mettent un bien en location vide, aux agences qui gèrent plusieurs mandats et aux notaires qui veulent un dossier complet avant signature. Vous obtenez une attestation de mesurage fiable qui remplace le calcul approximatif fait au mètre à ruban.
Pour connaître le prix et le délai selon votre secteur, demandez un devis gratuit en quelques minutes, avant de finaliser votre prochain bail.